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Veille Pédagogie — septembre 2026

Publié le 2026-09-07

Entre le 7 août et le 7 septembre, le mouvement est venu des États sur l'amont de la formation, pas de nouveaux résultats de recherche : le Rwanda a relevé la qualification exigée pour enseigner, le Kenya a mis du budget derrière ses effectifs de formation professionnelle, et un diagnostic de la Banque mondiale en Afrique du Sud situe le problème dans la composition de l'offre de formation plutôt que dans son volume.

Le Rwanda allonge la formation des instituteurs à cinq ans — et met les enseignants en poste sur un compte à rebours de cinq ans

  • Source : The New Times (Kigali), via allAfrica · 7 août 2026 et 20 août 2026 · https://allafrica.com/stories/202608070300.html · https://allafrica.com/stories/202608240232.html
  • Les élèves entrant en première année de Teacher Training College à partir de l'année académique 2026/27 (rentrée le 7 septembre 2026) suivront un programme de cinq ans au lieu de trois, la qualification de sortie passant du certificat A2 au diplôme en éducation ; les élèves actuellement inscrits terminent sous le curriculum existant. Flora Mutezigaju, directrice générale adjointe du Rwanda Basic Education Board, indique que le Rwanda est le seul pays de la Communauté d'Afrique de l'Est où un instituteur peut commencer à enseigner après 12 années d'études, contre 14 à 17 années dans les systèmes voisins. Le 20 août, la ministre d'État Claudette Irere a annoncé que les enseignants en poste situés sous le niveau A1 disposent de cinq ans pour l'atteindre, avec un appui public « en fonction des ressources disponibles » et la reconnaissance que « notre capacité actuelle est limitée » ; l'État continue de couvrir 50 % du coût de formation. Une seconde phase, portant l'enseignement primaire au niveau licence, est visée sous dix ans.
  • Ce que ça change : un pays qui relève sa qualification minimale d'enseignement crée deux demandes distinctes en même temps — une filière initiale plus longue, et une cohorte importante de mise à niveau d'enseignants en poste, sous échéance fixe et avec des moyens annoncés comme contraints. Qui planifie de la capacité de formation de formateurs dans la région sur cinq ans doit budgéter la seconde, pas seulement la première. À noter, un point non tranché : le lieu des deux dernières années — dans les collèges de formation ou au College of Education de l'Université du Rwanda — reste en discussion.

Le Kenya finance la formation professionnelle à grande échelle — mais les chiffres d'inscrits ne concordent pas

  • Source : The Star (Kenya) · 14 août 2026 · https://www.the-star.co.ke/news/2026-08-14-murkomen-skills-development-central-to-kenya-kwanza-agenda · recoupement : Education News Kenya · 11 juin 2026 · https://educationnews.co.ke/tvet-sector-allocated-ksh-58-5-billion-as-enrolment-rises-to-825484-trainees/
  • Lors de la 61e cérémonie de remise de diplômes de la Scott Christian University à Machakos, le 14 août 2026, le ministre de l'Intérieur Kipchumba Murkomen a déclaré que les effectifs de la formation professionnelle (TVET) avaient « plus que doublé » pour atteindre 718 000, aux côtés de plus de 100 000 enseignants recrutés, 23 000 salles de classe livrées et 1 600 laboratoires en construction pour le système par compétences. Le compte rendu du budget 2026/27 du Trésor, en juin 2026, situait ces effectifs à 562 499 en 2022 et 825 484 en 2025, avec 58,5 milliards de shillings alloués au sous-secteur, plus 9,2 milliards pour les bourses et 2,1 milliards pour la construction et l'équipement. D'autres médias kényans citent 1 201 320 apprenants en mai 2026. Aucune des trois sources ne précise la population comptée.
  • Ce que ça change : l'engagement budgétaire est cohérent d'une source à l'autre, et il est important ; la base d'effectifs ne l'est pas. Trois chiffres en circulation en trois mois — 718 000, 825 484, 1,2 million — reflètent très probablement des séries différentes (inscrits annuels, apprenants cumulés, ou ensemble des établissements y compris les polytechniques villageoises), mais aucune source ne le dit. Tout dispositif dimensionné sur « les effectifs nationaux de la formation professionnelle » au Kenya devrait nommer par écrit la série et sa date de référence, faute de quoi son taux de couverture est invérifiable.

L'Afrique du Sud forme pour les mauvais métiers du numérique — l'écart est dans la composition de l'offre, pas dans le volume

  • Source : Banque mondiale · 14 août 2026 · https://www.worldbank.org/en/news/feature/2026/08/14/from-demand-to-delivery-strengthening-south-africas-digital-skills
  • Le rapport From Demand to Delivery: Strengthening South Africa's Digital Skills Pipeline examine pourquoi le pays combine un chômage élevé et des postes numériques que les employeurs n'arrivent pas à pourvoir. Il constate que les diplômés se concentrent sur la gestion informatique et le design numérique alors que la demande est la plus forte en analyse de données, cybersécurité, cloud et développement logiciel ; que beaucoup de jeunes n'ont pas la littératie numérique de base nécessaire pour entrer dans ces filières ; et qu'aucune institution ne pilote la chaîne de bout en bout, ce qui affaiblit le lien entre formation et emploi. Les participants aux dispositifs de formation en situation de travail sont décrits comme plus susceptibles de trouver un emploi et de percevoir des salaires plus élevés. La publication ne chiffre ni l'ampleur du déficit de postes ni le nombre d'apprenants concernés.
  • Ce que ça change : c'est un diagnostic de composition, pas de capacité — le système produit des gens qualifiés dans les mauvaises spécialités. Deux vérifications se transposent hors d'Afrique du Sud : un portefeuille de formation est-il construit sur des données actuelles de postes vacants plutôt que sur les effectifs des années précédentes, et quelqu'un est-il responsable de la chaîne depuis les prérequis d'entrée jusqu'au placement. L'avantage en emploi et en salaire de la formation intégrée au travail est un résultat rapporté par la Banque mondiale pour l'Afrique du Sud : à traiter comme un résultat sud-africain tant qu'il n'a pas été testé ailleurs.

Reformer les formateurs plutôt que les référentiels : la voie tanzanienne vers l'approche par compétences

  • Source : UNESCO · 25 août 2026 · https://www.unesco.org/en/articles/unesco-strengthens-tvet-institutions-tanzania-deliver-future-ready-skills-through-competence-based
  • L'UNESCO, avec le gouvernement tanzanien et sur financement de la République de Corée, a conduit deux ateliers de cinq jours dans le cadre du projet BEAR II — du 29 juin au 3 juillet 2026 au Karume Institute of Science and Technology à Zanzibar, et du 20 au 24 juillet 2026 au Morogoro Vocational Teachers Training College — pour un total de 60 personnels académiques, responsables d'établissement et personnels techniques. Les sessions ont mobilisé des cliniques de conception de curriculum, des simulations et des démonstrations pratiques, couvrant la mise en œuvre d'un curriculum par compétences, l'évaluation authentique, la formation en situation de travail, l'intégration des outils numériques et de l'IA, l'assurance qualité et la relation avec les entreprises.
  • Ce que ça change : l'échelle est faible — 60 personnes, dix jours de formation au total — et aucun résultat n'est publié : c'est un moyen, pas un résultat. Ce qui mérite d'être relevé est le choix de conception : l'intervention vise ceux qui délivrent et qui évaluent, et elle place l'évaluation et la formation en situation de travail dans la même séquence que la conception du curriculum. Les réformes par compétences survivent en général au niveau du document de référentiel et échouent au moment de l'évaluation ; traiter les deux dans un même atelier est une réponse délibérée à ce mode d'échec.

La RDC ratifie la convention TVET de l'UNESCO — une référence normative pour qui conçoit des programmes sur place

  • Source : UNESCO Legal Affairs · 24 août 2026 · https://www.unesco.org/en/legal-affairs/convention-technical-and-vocational-education
  • La République démocratique du Congo a ratifié le 24 août 2026 la Convention sur l'enseignement technique et professionnel. Ce texte a été adopté lors de la 25e Conférence générale de l'UNESCO en 1989 et fixe des orientations de politique publique pour l'enseignement technique et professionnel, notamment sur l'accès, la qualité et l'articulation avec l'emploi.
  • Ce que ça change : une ratification est un engagement sur un cadre de politique publique, pas une réforme financée, et elle ne change rien en salle par elle-même. Son utilité pratique est celle d'une référence partagée : à partir de maintenant, une proposition de programme de formation professionnelle en RDC peut s'argumenter au regard d'un texte que l'État a formellement accepté, ce qui est un appui plus ferme qu'un renvoi générique aux bonnes pratiques.

Sélection réalisée avec l'appui d'outils de veille automatisée. Les faits appartiennent aux sources citées.